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La Turquie pittoresque : histoire, moeurs, description / par W. A. Duckett ; préface par Théophile Gautier
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PITTORESQUE.

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çonné; aussitôt un janissaire lui coupe la tête et la montre sanglanteà ses soldats; la terreur et le désordre se mettent alors dans leursrangs , et malgré des prodiges de valeur accomplis par Huniade, ■le croissant cette fois l’emporte sur la croix.

Satisfait d’avoir sauvé l’empire, Amurat s’en démit une secondefois ; mais à peine s’était-il retiré dans ses beaux jardins de Magné-sie, vivant au sein du harem, entouré de belles esclaves et de jeunesfavoris, que l’État réclame encore son sauveur.

Les janissaires venaient de se révolter ; cette terrible milicequ’une main de fer seule pouvait contenir, méprisait 1 autoritéd un enfant. Amurat sort de sa retraite et soudain tout rentredans l’ordre. Mohammed, que le vizir Khalil avait éloigné d Andri-nople sous le prétexte d’une partie de chasse, trouva à son retourson palais occupé par son père ; il se résigna pourtant à descendieencore une fois du suprême rang, mais il en garda au cœui une

profonde haine contre le vizir qui l’avait joué. Plus tard il le fitétrangler.

Amurat ne demèure pas oisif, il passe dans le Péloponèse avec60,000 hommes, et s’empare de l’IIexamilon, cette langue de terrede six mille pas, qui rattache la Morée à la Grèce continentale;Corinthe et Patras se rendent à discrétion ; les princes du Pélopo-nèse se soumettent au tribut. Pendant ce temps, à Constantinople ,l empereur grec s’amusait.

A cette époque commençait à paraître en Albanie un guei rieicélèbre par ses talents militaires, et sa haine contre les Ottomans ,Iskender-Bey, c’est-à-dire le prince Alexandre, nom que les Occi-dentaux ont défiguré et changé en celui de Scanderberg . Contem-porain et émule de Huniade, il eut, comme lui, la gloire d’arrêterles armes triomphantes d’Amurat, et soutint pendant vingt-cinq