v 22
années, jusqu’à la moitié du règne de Mahomet II , une lutte hé-roïque contre toutes les forces ottomanes.
Son 'véritable nom était George Castriota . Son père, petit princegrec , tributaire d’Àmurat, avait remis ses quatre fds en otage,entre les mains de son suzerain. George plut au sultan par les grâcesde sa figure et de son esprit; il le fit circoncire et élever dans lareligion musulmane , en lui donnant le nom et le titre d’Iskender-l>ey. Bientôt son mérite l’éleva aux premiers grades militaires ;mais une injustice qu’on lui fit le porta à secouer le joug de celtehonorable servitude. Aussi lorsque les Ottomans eurent été battus,aux environs de Nyssa, par Ilnniade, George Castriota quitta l’ar-mée et, s’emparant par surprise de la ville de Croïa ( Ak-JIyssar ),il conquiert en peu de temps la plus grande partie de l’Epirc etforme une ligue avec les princes chrétiens qui l’entourent.
Placé à leur tète, George, avec quinze mille hommes, taille enpièces quarante mille Ottomans ; tour à tour il bat Firouz-Pachaet Moustapha-Pacha, et fait ce dernier prisonnier.
Amurat prend alors le commandement dé ses troupes. Il mar-che contre le héros de l’Epire , à la tète de cent mille hommes etremporte quelques succès, chèrement achetés parla perte de plusde vingt mille des siens. Scanderberg sortait la nuit, à l’improviste,de ses gorges de montagne ; il surprenait les Turcs au momentoù ils s’y attendaient le moins, souvent pendant leur sommeil,et en faisait un horrible carnage.
Lassé d’une lutte sans gloire qui décimait son armée, le sultanlui fit proposer de le reconnaître pour souverain des pays insurgés,pourvu qu’il acceptât la souveraineté de la Porte et s’obligeât àpaver un tribut. Mais le prince d’Epirc refusa de souscrire à cesconditions, et le sultan dut regagner Andrinople , après avoir