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La Turquie pittoresque : histoire, moeurs, description / par W. A. Duckett ; préface par Théophile Gautier
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PITTORESQUE.

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posaient le courage du désespoir. Enfin, une cinquantaine de mu-sulmans ayant pénétré par la porte Kerkoporta, les soldats, prépo-sés à sa garde, saisis d’une terreur panique, s’enfuirent en semantpartout la terreur et le désordre. Constantin , voyant la déroutedes siens, se précipita désespéré au plus fort de la mêlée.

Pendant les trois jours suivants, la ville fut livrée au soldat, etl’on retira de dessous les cadavres l’empereur Constantin sanglant,mutilé et reconnaissable seulement aux aigles d’or qui agrafaientses brodequins de pourpre. Le sultan fit son entrée triomphale parla porte de Saint-Romain ; la tradition rapporte qu’il visita aussitôtSainte-Sophie , et que, montant à l’autel, il imprima sa main san-glante sur la muraille du sanctuaire , pour la consacrer à l’isla-misme.

Parmi les mille légendes, conservées sur ce jour mémorabledans l’esprit des vaincus et des vainqueurs aussi, il en est une fortcurieuse que M. Théophile Gautier a recueillie dans son Voyage enOrient ; qu’il nous permette de le citer ici : « Lorsque les portesde Sainte-Sophie s’ouvrirent sous la pression des hordes barbaresqui assiégeaient la ville de Constantin , un prêtre était à l’autelen train de dire la messe. Au bruit que firent sur les dallesde Justinien les sabots des chevaux tartares, aux hurlementsde la soldatesque, aux cris d’épouvante des fidèles, le prêtre inter-rompit le saint sacrifice, prit avec lui les vases sacrés, et se dirigeasur une des nefs d’un pas impassible et solennel. Les soldatsbrandissant leur cimeterre allaient l’atteindre, lorsqu’il disparutdans un mur qui s’ouvrit et se referma; on crut d’abord à quelqueissue secrète, une porte masquée; mais non, le mur sondé étaitsolide, compacte, impénétrable. Le prêtre avait passé à travers unmassif de maçonnerie. Quelquefois, dit-on, l’on entend sortir de