PITTORESQUE.
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une \ictoire, remportée par Mathias Corvin dans la plaine deIvenger-Mezœ, sauva ce malheureux pays.
A cette époque, les îles de Zante et Sainte-Maure, tombées aupouvoir du sultan, firent naître dans son esprit la pensée auda-cieuse d’asservir l’Italie. La politique de Venise , alors en guerreavec Ferdinand le Catholique , vint fortifier ce désir du conquérant,en lui persuadant qu’il avait des droits sur les villes de la Calabre et de la Pouille, jadis dépendance de l’empired’Orient dont il étaitdevenu maître. L’ambitieux Mahomet , trouvant ces raisons très-plausibles, fit investir Otrante et l’emporta d’assaut (1480).
L’île de Rhodes , possession des chevaliers de Saint-Jean deJérusalem, était une proie qui devait tenter le vainqueur deConstantinople : aussi organisa-t-il contre elle, au commence-ment de cette année, une expédition formidable. Mais le grandmaître de l’ordre, Pierre d’Aubusson , se tenait sur ses gardes;tous les chevaliers, d’un bout de la chrétienté à l’autre, avaientété appelés à la défense de Rhodes ; des approvisionnements im-menses avaient été faits.
Le 23 mai, cent soixante navires de différents bords arrivèrenten vue de l’ile, commandés par Messih-Pacha qui débarqua aussitôtson armée. Après avoir été repoussés dans un assaut contrela tour Saint-Nicolas, les Ottomans concentrèrent toutes leursforces sur un seul point ; trois mille cinq cents boulets ouvrirentde larges brèches dans le quartier des Juifs et le bastion des Ita-liens . Les assiégés opposèrent à cette batterie une machine, appe-lée par dérision tribut, et qui renvoyait aux Ottomans les énormesboulets de pierre dont ils chargeaient leurs canons, et les frag-ments de rochers avec lesquels ils essayaient de combler les fossés.
Un assaut général, tenté le 28 juillet) échoua complètement,