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par la merveilleuse intervention sur les remparts d’un guer-rier céleste, d’une vierge éblouissante de clarté et d’une croixd’or, apparus dans les cieux, disent les chrétiens; suivant lesmusulmans, à cause de l’avarice du pacha, qui après avoir promisle pillage à ses troupes, s’avisa de le réclamer pour lui seul aumoment où il voyait déjà les soldats pénétrer en vainqueurs dansla place. Messih-Pacha dut lever le siège, après avoir perdu plusde neuf mille hommes.
Jaloux de réparer l’échec de son lieutenant, Mahomet II projetaune nouvelle entreprise qu’il devait commander en personne. Déjàles queues de cheval avaient été arborées à Scutari , sur le rivageasiatique, déjà l’armée s’ébranlait, quand le sultan mourut presquesubitement, le 4 rebiul-ewwel 886 (3 mai 1481). Le secret del’expédition qu’il allait entreprendre périt avec lui.
Sultan Mohammed elFatyh, comme tous les hommes extraor-dinaires, a eu des panégyristes outrés et d’injustes détracteursMalgré ses vices et sa cruauté, il faut reconnaître qu’il avait lesqualités, non-seulement de l’homme qui détruit, mais aussi cellesde l’homme qui fonde. Il aimait les lettres et protégeait les arts;poète lui-même, il signait ses vers du pseudonyme d’Awni (le se-courable), surnom qu’il méritait à tous égards. Il faisait ses délicesde la lecture de Plutarque, et fit traduire en turc la Vie d’Alexandre ,qu’il s’était proposé pour modèle. U bâtit, à Constantinople , quatremosquées dont la plus belle est la Mohammedyeli ou Felhyeh, le vieu xet le nouveau sérail, d’immenses bazars et la mosquée d’Éyoub.Administrateur et législateur, aussi bien que conquérant, ce futsous son règne que la littérature ottomane brilla du plus vif éclat.
Bayezid, vulgairement Bajazet II , fils ainé du sultan, était F hé-ritier présomptif du trône, mais son frère puîné, Djem, nom dont