PITTORESQUE.
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les khalifes Àbou Bekr, Omar, Osman et Ali. Les Turcs sont sun-nites et les Persans chiytes.
A l’époque où Selim monta sur le troue, la doctrine deschiytes avait pénétré de la Perse en Turquie et y faisait de rapidesprogrès. Sunnite fanatique, Selim résolut d’extirper l’hérésie enla noyant dans le sang; un seul jour vit massacrer quarante millesectaires, tout comme un demi-siècle plus tard, en France , l’exé-crable Saint-Barthélemy .
Aussitôt le chàh de Perse, Ismaïl, prit les armes. Selim luiécrivit alors une lettre d’invectives, indigne d’un souverain; maisle chah, en homme d’esprit, la lui renvoya : « Parce que, disait-il,c’était sans doute l’œuvre de quelque secrétaire ivre d’opium. »Et l’épigramme portait juste, car le monarque ottoman aimaitl’opium avec passion.
Dans sa fureur, Selim se mit à la tête de 150,000 hommes etgagna la bataille de Tchaldivan, qui fit tomber entre ses mainsune des capitales du chah, Tebriz , son harem et tous ses trésors;mais il ne dut cette victoire qu’à son artillerie, à laquelle les Per-sans ne purent opposer un seul canon , et elle coûta tant de sangque ce jour est compté, par les Ottomans , au nombre des jours fu-nestes. Le sultan se disposait à poursuivre ses succès, quand unerévolte des janissaires l’obligea de rétrograder ; le Kurdistan , leDiarbekir et Mossoul furent le prix de cette campagne.
L’année suivante, il tourna toutes ses forces contre l’Egypte . Lesultan Mamlouk, Kansou-Ghaxvri, se porta à sa rencontre et l’attei-gnit dans la prairie de Dabik. Le combat ne dura pas longtemps;comme à Tchaldivan, l’artillerie des Ottomans leur assura la vic-toire, Kansou-Ghawri périt dans la déroute; Alep, Damas et toutela Syrie passèrent sous les lois de Selim, qui put dès lors entendre