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La Turquie pittoresque : histoire, moeurs, description / par W. A. Duckett ; préface par Théophile Gautier
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LA TURQUIE

justifiait celte prédilection du sultan par ses rares talents et soncaractère énergique. Ainsi, c’est à sa conduite, à la fois ferme ethabile, que l’on dut la pacification de l’Egypte et de la Syrie ré-voltées.

Les années qui suivirent furent tranquilles ; mais, sur ces entre-faites, le sultan reçut, de François I e '', prisonnier à Madrid , unenvoyé secret (Jean Frangipani) pour le presser de s’emparer dela Hongrie , afin d’embarrasser Cliarles-Quint par une puissantediversion à l’est de son empire. L’empereur, pensait le roi très-chrétien, menacé à la fois par la France , par la réformation et parles Turcs , ne pourrait réaliser ses projets de monarchie universelleet succomberait probablement même cà cette triple lutte. De cetteépoque date l’alliance de la Porte et de la France .

Le 15 avril 1526, Soliman partit de Constantinople avec centmille hommes et trois cents bouches à feu. Le premier coup futterrible. Le roi de Hongrie trouva la mort dans la plaine de Mohacz .Vingt-cinq mille cadavres restèrent sur le champ de bataille, etVienne trembla à l’approche du redoutable vainqueur. Soliman secontenta, pour cette fois, de dévaster la Hongrie ; mais trois ansplus tard (1529) il reparut avec une armée deux fois plus considé-rable. Bude qui était retombée au pouvoir de Ferdinand, frère deCliarles-Quint, se rendit au bout de six jours, et le 27 septembre, leGrand Seigneur ca mpait sous les murs de Vienne. La tente impériale,soutenue par des colonnes à chapiteaux dorés, était tapissée inté-rieurement de drap d’or; douze mille janissaires veillaient à l’en-tour. Cent vingt mille hommes et quatre cents pièces d’artilleriecomposaient les forces de l’armée assiégeante, avec une flottillede huit cents petits navires, stationnant sur le Danube . Les assiégésn’avaient à lui opposer, s’il faut en croire sur parole les historiens