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La Turquie pittoresque : histoire, moeurs, description / par W. A. Duckett ; préface par Théophile Gautier
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LA TURQUIE

Ui

Un mauvais rêve que fit le maître et une imprudente vanité dufavori qui osa prendre le titre de Sérashier-Siiltan, suffirent pourle perdre. Il fut étranglé dans le sérail et au xvn" siècle on mon-trait encore sur les murs des taches de son sang.

La guerre recommença bientôt, à la sollicitation de la France ,et sans doute aussi à cause de la prise de Tunis par Charles-Quint .Soliman pouvait, en effet, se considérer comme le maître légitimede cette ville récemment conquise par le célèbre Khaïr-EddinBarberousse, kapoudan-pacha de toutes les forces navales otto-manes, qui, devenu maître d’Alger après la mort de son frèreAroudj-Barberousse, avait déjà reconnu la suzeraineté de la Porte.D’ailleurs la politique du sultan était de conserver à tout prixl’Afrique septentrionale ; car sa possession assurait aux descen-dants d’Osman la domination de la Méditerranée qui fut pendantun siècle un lac ottoman .

Cette guerre fut heureuse pour le croissant, au nord, sous laconduite de Soliman; sur mer, sous la direction du puissant Khaïr-Eddin. Scyros, Patmos, Stampalia, Egine, Paros, Anti-Paros ,Naxos et quelques autres îles de l’Archipel appartenant à Venise ,tombèrent au pouvoir des Turcs ; la Moldavie vit sa capitale incen-diée et se soumit au tribut; le célèbre André Doria fut battu sur merpar Barberousse, et Venise n’obtint la paix qu’en cédant au sultanNapoli de Bomanie, Malvoisie et quelques autres places. Pendantque les principales villes de la Hongrie , Bude, Sthulweissenbourg,Wissegrad, etc., ouvraient leurs portes à Soliman ou à ses lieute-nants, Khaïr-Eddin poursuivait le cours de ses succès dans laMéditerranée, s’emparait du château de Messine , et réunissant saformidable flotte à une escadre française, commandée par le ducd’Enghien, bombardait Nice et la réduisait en cendres.