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La Turquie pittoresque : histoire, moeurs, description / par W. A. Duckett ; préface par Théophile Gautier
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PITTORESQUE,

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Ce tut son dernier exploit; il mourut le 15 juillet 1546. Letombeau de ce grand homme de mer est situé sur les bords duBosphore, près du collège qu’il avait fondé à Bechiklach.

Sur ces entrefaites une trêve fut conclue entre Soliman. Charles-Quint et Ferdinand, qui consentit à payer un tribut annuel detrente mille ducats. C’était mettre fin à la désastreuse guerre deHongrie , mais c’était aussi signer l’aveu de sa faiblesse.

Une nouvelle campagne en Kurdistan et sur-les frontières dela Perse, occupa ensuite les deux années suivantes et se ter-mina à l’avantage de Soliman qui revint en toute hâte à Constan-tinople mettre sa gloire aux pieds de la fameuse Khourrem-Sul-tane que nous appelons généralement Roxelane . Cette femme étaitune esclave chrétienne , mais non pas un Française, comme on l’acru à tort (elle était Russe) ; par ses charmes, son esprit et sonadresse, elle acquit une telle influence sur l’esprit du sultan, qu’elleparvint à s’en faire épouser, en violation formelle de la loi del’Etat, qui interdit au padichah d’avoir des femmes légitimes.

On prétend que cette loi, œuvre de l’orgueil des sultans, futportée, parce que l’épouse chérie de Bajazet I er , comme lui pri-sonnière de Tamerlan , ayant été réduite à servir à table le conqué-rant tartare, ils veulent s’épargner cette humiliation pour le casoù, succombant à l’adverse fortune, leur Hautesse se trouverait aupouvoir de quelque barbare ennemi.

Quoi qu’il en soit, la gloire de Soliman avait couvert, aux yeuxde ses peuples, cette illégalité et l’habile sultane avait pu satis-faire toutes ses haines, réaliser tous ses désirs. C’était elle qui,dans l’ombre, avait immolé à sa jalousie de favorite l’orgueilleuxfavori Ibrahim, ce fut encore elle qui immola à sa jalousie de belle-mère, le prince Moustapha, fils de Soliman et de Bosphorone :