Buch 
La Turquie pittoresque : histoire, moeurs, description / par W. A. Duckett ; préface par Théophile Gautier
Entstehung
Seite
54
JPEG-Download
 

U

LA TURQUIE

leur avait fait éprouver le prince persan Hamzeh. Mais ce dernier,le véritable héros de cette campagne, tailla successivement enpièces le corps d’armée du renégat Djigliala et celui d’Osman quiopérait sa retraite; ce dernier expira au moment de la défaite dessiens.

L’infatigable Ilamzeh battit les pachas d’Erivvan et de Selmas ;mais le poignard d’un assassin l'arrêta au milieu de ses succès etbientôt les Ottomans reprirent l’avantage; Ferhad-Pacha, Djafer-Pacha et le fils de Djigliala furent vainqueurs en plusieurs ren-contres ; le châli de Perse implora la paix, qu’il obtint en cédantle Louristan, le Gurdjistan (Géorgie ), le Chirvvan, Chesrzour,Tebriz et une portion de l’Adzerbaïdjan.

Cependant ces agrandissements de l’empire ottoman lui conser-vaient aux yeux de la chrétienté le prestige de son ancienne puis-sance, mais ne pouvaient détruire les germes de dissolution et demort qu’il renfermait. C’était encore une formidable machine deguerre, mais une machine dont les rouages étaient usés. Les sé-ditions des janissaires que le Grand Seigneur ne peut apaiser qu’a-vec de l’or et des têtes, leur révèlent que le trône est désormais àleur discrétion ; aussi la monarchie des fils d’Osman marcherapidement à sa ruine, et si nous la voyons plus tard retrouverquelques jours de gloire, cette halte dans la décadence est l’œuvrede quelques grands hommes, vizirs ou pachas, plutôt que desprinces du sang royal, de cette race autrefois si féconde en héroset maintenant dégénérée. La guerre ne sera plus qu’un moyend’occuper les armées, et c’est ainsi que l’empire du Croissant vaexpier l’odieux principe de conquête et de propagande sur lequelil repose et qui l’a fait si grand.

Ainsi, la dernière expédition d’Amurat, la guerre de Hongrie