PITTORESQUE.
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n’eut pas d’autre but. Elle fut mêlée d’alternatives de succès et derevers, et quoique le sultan eût fait déployer, vers la fin de 1593,l’étendard du prophète, religieusement conservé à Bagdad, ellese termina par la complète désorganisation de l’armée otto-mane .
Amurat mourut le 16 janvier 1595. Sa passion pour lesfemmes était si grande qu’il eut cent trente enfants; toute savie, il fut dominé par ses favorites, entre autres, par sa pre-mière épouse Safiyeh , issue de la noble famille vénitienne desBaffo.
I)c la nombreuse progéniture de Sultan Amurat, il restait encore,lors de sa mort, vingt-sept filles et vingt garçons. Suivant la po-litique barbare adoptée par ses prédécesseurs, Mahomet 111 fitétrangler ses dix-neuf frères, dont les cercueils furent portésen grande pompe à côté de celui de leur père. Au bout de troisjours, les troupes reçurent pour le présent d’usage, cent trente-sixbourses d’or; mais cette somme ne suffit pas à calmer l’insubor-dination de l’armée, et il fallut se résigner à d’énormes sacrificespour obtenir un peu de tranquillité.
La guerre s’étant rallumée au nord, les Ottomans se lais-sèrent battre par le prince de Yalachie et par le prince Mansfeldqui commandait les Impériaux et les Hongrois. Les arméesn’étaient plus redoutables que pour leurs maitres, et pour la pre-mière fois, l’étendard d’Osman ne cessa de reculer. Bucharest ,Giurgewo, Gran, Wissegrad, Babocsa, Klis ouvrirent leurs portesaux chrétiens.
Du fond de son harem, le sultan entendit les cris de la popula-tion indignée. Il essaya de se montrer à l’armée; mais sa lâcheténe fit qu’attirer sur lui le mépris des soldats, et les désastres ne