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s’arrêtèrent que grâce au vaillant Djighala , qui, par une chargede cavalerie, convertit tout à coup en une brillante victoire unehorrible défaite.
Mahomet ne sut pas profiter de ce succès; aussi les Turcsfurent-ils de nouveau battus par les Impériaux, en plusieursrencontres. En mars 1598 , les Hongrois et les Allemands,sous les ordres de Schwartzenberg et de Palfi, s’emparèrentpar ruse de Raab. A l’instant où les troupes impériales pé-nétraient dans ses murs, le coq de bronze qui est au sommetde la tour, dit une tradition populaire, se mit à chanter et àbattre de l’aile, pendant que les cloches entraient en branled’ellcs-mêmes et sonnaient à pleines volées. Ils vinrent mettreensuite le siège devant Bude. Pendant ce temps-là, l’empireétait gouverné par la sultane Validé (sultane mère), l’adroiteSafiyeh et par les méprisables favoris qu’elle élevait et faisaitpérir tour à tour.
Une des plus graves insurrections qui eussent éclaté depuis lafondation de l’empire, fut alors sur le point de soustraire l’Asie àla domination des Osmanlis. Un boulonk-bachi ou officier généraldes Segbans, nommé Kara-Yazidji-Abdul-Halim, se mit à la têtede troupes rebelles que le grand vizir Djighala avait flétries dunom de firari (fuyards) ; il se fit passer pour un prince de l’an-tique maison des Bénou-Cheddad , et répandit le bruit que le pro-phète lui avait apparu en songe et lui avait promis la souverai-neté de l’Anatolie . Après avoir battu plusieurs lieutenants dusultan, il prit le titre de chah. Mais il mourut bientôt et futremplacé par son frère Dely-Hussein qui fit sa soumission, reçuten récompense le gouvernement de Bosnie et marcha contre lesImpériaux.