PITTORESQUE.
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faisant apporter son cadavre, qu’Ibrahim, changeant tout à coupde langage, s’écria : « Allah soit loué ! l’empire est délivré deson bourreau ! »
Sultan Ibrahim avait un extérieur peu fait pour plaire au peupleet à l’armée, qui, du reste, eurent peu d’occasions de revoir leurmaître, car il ne quitta guère le harem, et abandonna entièrementles affaires à la sultane Validé et au grand vizir. Les débauchesdans lesquelles il se plongea, altérèrent bientôt sa santé à un telpoint, qu’on put craindre que la race d’Osman ne s’éteignît aveclui ; mais le 2 janvier 1642, la naissance d’un héritier de la cou-ronne, Sultan Mohammed, vint renverser les espérances du khandes Tartares qui se flattait d’occuper bientôt le trône ottoman .
Dès la deuxième année de son règne, il envoya une arméecontre les Cosaques qui s’étaient emparés d’Azof mais elle dut seretirer après avoir perdu huit mille hommes, sans compter laflotte qui échoua à l’embouchure du Don et fut capturée par l’en-nemi. L’année suivante, une nouvelle expédition réussit mieux, etles Cosaques abandonnèrent Azof, après l’avoir incendiée. Deuxans se passèrent ensuite, signalés par les disgrâces continuelles desministres qu’on envoyait tour à tour à la mort et par les bassesintrigues du sérail.
Ce fut même un misérable petit événement de ce genre quiamena la conquête de Candie, la seule île de l’Archipel qui ne fûtpas soumise au Croissant, et que la Porte enviait depuis long-temps aux Vénitiens. Le kyzlar-agaçi, Sunbullu-Aga, avait pré-senté pour nourrice du prince Mohammed une jeune esclavequ’il avait achetée enceinte, et qui avait mis au monde un fils,en même temps que la sultane Hasseki. Cette femme plut àIbrahim, qui montrait même plus d’affection à l’enfant de l’es-