XI
Moustapha III, Àbdul-Ilamicl.
(1 7 57 -1 7 89 .)
Le jour où le nouveau sultan, Moustapha III , se rendit à la mos-quée d’Eyoub pour ceindre le cimeterre d’Osman, il s’arrêta de-vant la caserne des janissaires dont l’aga lui présenta une coupede sherbet : « Camarades, dit alors le padichah, au printemps pro-chain, s’il plaît à Dieu , nous boirons ensemble sous les mursde Bender ! » Ce langage plut aux soldats et leur parut de bonaugure ; le divan néanmoins ne songea d’abord qu’à assurer la paixet la sécurité de l’empire.
Aidé de l’expérience de Mohammed-Raghyb-Pacha qu’il avaitconservé pour grand vizir, Moustapha remit l’ordre dans lesfinances et chercha, en rétablissant les lois somptuaires, à fairerevivre, parmi les Ottomans , ces vertus de leur grande époque quiavaient fait toute leur force. Le kyzlar-agaci fut dépouillé de l’in-fluence immense qu’il exerçait dans les affaires de l’État.
Sur ces entrefaites, l’avénement au trône de Russie de Cathe-rine II et la mort du roi de Pologne Auguste III , ouvrirent une