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La Turquie pittoresque : histoire, moeurs, description / par W. A. Duckett ; préface par Théophile Gautier
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LA TURQUIE

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Ismaïl, principale forteresse des Turcs sur le Danube , se vitmenacée.

Tout à coup un événement inattendu délivra la Porte d’un despuissants ennemis ligués contre elle. Le 20 février 1790, Joseph II mourut : son frère Léopold, grand-duc de Toscane , lui succéda.

Ouvrant les yeux sur les dangers que lui faisaient courir lesagrandissements continuels de la Russie , et peut-être bien aussiprévoyant qu’il aurait besoin de toutes ses forces contre l’orageeffrayant de la révolution française, ce prince sépara ses intérêtsde ceux de la czarine et, le 4 août 1791, signa avec la Porte ,étonnée elle-même de cette heureuse conclusion, le traité deSzistovva.

Le sultan recouvra Belgrade et toutes les autres places con-quises par les Autrichiens à l’exception de Choczim, qui resta endépôt dans leurs mains jusqu’à la conclusion de la paix avec laRussie. On assura seulement à l’Autriche une frontière plus avan-tageuse sur la gauche de lTJnna, ainsi que du côté de laYalachie.

L’impératrice de Russie continua seule la guerre.

Le terrible Souvaroff cernait Ismaïl. Cette ville, défendue parune garnison de quarante mille hommes, fut prise d’assaut aprèsune vigoureuse résistance.

Quand les Russes pénétrèrent dans la ville, les Ottomans se re-tranchèrent dans les rues et défendirent pied à pied le terrainpendant douze heures (22 décembre 1790). Ici encore les vain-queurs souillèrent leur victoire par leur exécrable férocité ; ilsmassacrèrent impitoyablement la garnison tout entière, composée’ de vingt-cinq mille hommes, et cette horrible boucherie dura troisjours.