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vaisseau de ligne, de cinq frégates et d’un brick ; une partie deséquipages se trouvait à terre pour célébrer la fête du Courban-Beïram. Aussi, sauf une seule frégate qui fit une vigoureuse ré-sistance , elle fut facilement détruite.
Une terreur et une confusion inexprimables régnaient au sérail.Le divan opina tout entier pour une prompte adhésion auxvolontés de l’Angleterre; beffroi de ses pusillanimes conseillersgagna jusqu’au sultan lui-même, qui fit engager le général Sé-bastian! à partir. L’ambassadeur français s’y refusa avec dignité,ajoutant qu’il ne quitterait Constantinople que sur un ordre formelde Sa Hautesse.
Cependant les habitants de la capitale, loin de partager la ter-reur du divan, montraient un élan extraordinaire ; les vieillards,les enfants aidaient les hommes valides et portaient de la terre oudes fascines; les travaux avançaient avec une rapidité prodigieuse ;le général Sébastiani ne quittait pas les batteries, prodiguant l’oraux travailleurs et aux canonniers, et faisant passer dans l’àme detous l’ardeur et l’enthousiasme.
Pendant ce temps-là, la flotte anglaise se déployait à deuxlieues au large devant Constantinople . Un vent contraire quil’obligea à jeter l’ancre à la hauteur de Proti , la plus occidentaledes îles des Princes, et le soin que mit le divan à tramer les né-gociations en longueur, furent très-favorables aux Turcs . Lesfortifications s’élevaient à vue d’œil, sous l’inspection deSelim. Aubout de cinq jours , plus de neuf cents pièces d’artillerie héris-sèrent le rivage, dix vaisseaux de guerre ottomans se placèrent enordre de bataille, et Constantinople se trouva dans un état dedéfense formidable.
L’occasion éta't perdue.