PITTORESQUE.
1805, après la prise de Vienne , après Austerlitz, que le sultan éblouireconnut l’empereur et lui donna le titre de padichah de France .
La destitution des deux hospodars de Moldavie et de Valachie ,créatures de la Russie , qui furent remplacés par des partisans dela France , portèrent au plus haut point le mécontentement del’ambassadeur du czar. Le ministre d’Angleterre, M. Arbuthnot,se joignit à lui et annonça qu’une flotte de sa nation allait appuyerla déclaration de la Russie .
La Porte qui sentait sa faiblesse était résolue à céder ; mais Sé-bastiani et Ruffin, qui représentaient la flotte, surent déterminerle divan, malgré la présence de la flotte anglaise, à déclarer laguerre à la Russie , lorsque les armées de cette puissance eurentenvahi la Moldavie et la Valachie .
Rientôt une escadre, sous les ordres du vice-amiral Duckworth,menaça les Dardanelles. Le 20 février 1807, l’amiral anglais forçale passage, sans que le feu peu actif des deux premiers châteauxpût l’arrêter. Parvenu à la hauteur des forts de Kilid-Ul-Rahr(clef de la mer) et de Sultaniyeh, le vaisseau amiral fit jouer touteson artillerie et le reste de la flotte suivit cet exemple ; la canon-nade des Ottomans y répondit et bientôt elle devint très-vive, sanspouvoir empêcher pourtant la marche des navires. Le kapoudan-pacha, qui s’était placé dans une des principales batteries, seretira bientôt, effrayé de l’effet des boulets ennemis. Son départfut le signal de la fuite des canonniers musulmans, qui laissèrentseuls quelques officiers français désignés pour les commander etparmi lesquels on comptait des hommes devenus célèbres depuis,les généraux Foy, Haxo, M. de Tracy, etc.
Les Anglais attaquèrent alors à l’improviste l’escadre ottomane ,stationnée en avant de Gallipoli ; elle ne se composait que d’un