LA TURQUIE PITTORESQUE,
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médiation, et dans ce cas à soustraire les provinces d'Europe auxvexations des Turcs, excepté Constantinople et la Roumélie . C’està ce prix que l’empereur achetait l’alliance du czar contre l’An-gleterre : Alexandre avait lieu de se réjouir des conditions que luifaisait son vainqueur. Le rêve de Catherine allait devenir uneréalité.
Cependant Sultan Selim avait encore de nombreux partisans;Moustapha-Baïrakdar, pacha de Roustchouk , et commandant l’ar-mée d’observation sur le Danube , en était secrètement le chef. Ala tête de ses troupes il décida le grand vizir Tchélébi-Moustaphaà se joindre à lui, en lui cachant le véritable but de son entreprise,qui était le rétablissement du sultan détrôné, et en ne parlant quede renverser le moufti et Kabaktchi-Oghlou, ces deux chefs d’uneinsolente faction qui ne laissaient aux vrais ministres qu’uneombre d’autorité.
Ils marchèrent de concert sur Constantinople . Kabaktcbi-Oghloufut la première victime du mouvement; les Yamaks essayèrent envain de résister, les janissaires de Constantinople n’étaient pas dis-posés à combattre leurs frères qui marchaient avec l’étendard duprophète; déjà le pacha de Roustchouk n’était plus qu’à une lieuede la capitale. Le sultan se rendit alors au camp de Baïrakdar, quile reçut avec toutes les marques du plus profond respect.
Tout semblait terminé quand, le 28 juillet, pendant uneabsence du sultan qui était allé passer la journée au kiosquede Gueuk-Sou, Baïrakdar convoque en toute hâte les conjurés,mande auprès de lui le grand vizir, l’instruit de son dessein,et comme il hésite, le fait arrêter. Puis il déploie l’étendarddu prophète, et entre dans Constantinople aux acclamations dupeuple qui s’imagine que l’on célèbre la paix avec la Russie . Déjà