PITTORESQUE.
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troupes d’Égvpte et de commencer les hostilités, si les Turcs vou-laient forcer le passage.
Cependant l’escadre égyptienne, sortie d’Alexandrie , était entréele 9 septembre à Navarin. Les amiraux des escadres d’Angleterreet de France, sir Edward Codrington et M. de Rigny, communi-quèrent à Ibrahim-Pacha les ordres qu’ils avaient reçus de leursgouvernements. Il en résulta une suspension d’armes provisoire.
Les escadres quittèrent alors leur croisière pour aller s’appro-visionner, laissant, toutefois, une frégate de chaque nation pourobserver les mouvements de la flotte turque réunie dans la baie.Deux jours après, Ibrahim-Pacha , violant sa parole donnée, mit saflotte en mouvement et en dirigea deux divisions sur Patras . Ellesfurent rencontrées, le 4 octobre, devant T île deZante par l’amiralCodrington qui avait été averti par la frégate laissée en observa-tion. Tahir-Pacha, qui commandait la flotte turque, dut rebrousserchemin et rentrer dans le port de Navarin.
Le 12 octobre, l’escadre russe, commandée par le comteHeyden,fit sa jonction. Il fut décidé alors que les trois flottes combinéesprendraient position devant le port, pour renouveler à Ibrahimles propositions qui lui avaient déjà été faites. Mais la frégate par-lementaire ne fut pas admise, et la dépêche fut refusée.
Dès le 19, l’armée navale combinée avait fait son branle-bas decombat. Le commandement ayant été déféré à sir Codrington, leplus ancien des trois amiraux, le lendemain l'escadre anglaisepénétra la première dans le port; elle était suivie par la flottefrançaise; les vaisseaux russes formaient l’arrière-garde
Les forces alliées consistaient en vingt et quelques bâtiments dediverses grandeurs, 1,252 bouches à feu et 8,850 hommes d’équi-page; l’armée navale des musulmans, composée de plus de soixante