XIX
Forcé de reconnaître l’indépendance de la Grèce , SultanMahmoud s’en remit, pour les limites du nouvel État et le choixde son souverain, aux décisions de la conférence de Londres .
Malgré le démenti que l’issue de la guerre contre les Russes etcontre les Grecs semblait donner à ses innovations, il poursuivaitavec une ardeur nouvelle sa pénible tâche de réformateur. Adop-tant ouvertement les usages des peuples chrétiens, il donnait desfêtes, des bals, des concerts ; il établissait des lazarets contre lapeste, au grand scandale des bons musulmans , imbus des dogmesdu fatalisme. L’armée voyait augmenter tous les jours ses batail-lons réguliers , et la marine, presque détruite , se relevait déjàlorsque, tout à coup, une nouvelle insurrection éclata en Albanie .
Le vice-roi d’Égypte en prit occasion pour ne point payerl’impôt qu’il devait à la Porte, prétextant les frais extraordinairescausés par la guerre contre les Russes .
Malnnoud dissimula sa colère et parut céder aux prétentions du