PITTORESQUE.
163
ment réorganisée par Riza-Pacha. Les soldats furent divisés endeux catégories, le service actif et la réserve. Lorsqu’ils ont passéun certain nombre d’années sous les drapeaux, on les renvoiedans leurs foyers, après leur avoir fait prêter le serment de revenirsi la patrie se trouve en danger. Cette organisation si simple per-met au sultan de doubler presque instantanément son armée. A lamême époque le Tanzimat (règlement administratif et judiciaire)semait partout des germes de progrès. L’éducation nationale futréorganisée; des tribunaux mixtes devant lesquels le serment detous est reçu, prêté par chacun en la forme prescrite par sa reli-gion, furent établis à Constantinople et de proche en proche éten-dus aux localités importantes d’où ils rayonneront jusque dans lefond des provinces. Aucun arrêt de mort ne fut plus exécutéqu’après que la sentence eût passé sous les yeux du sultan.
Toutes les violences administratives ou judiciaires disparurentde cet empire aux exécutions mystérieuses. Lorsqu’un fonction-naire, civil ou militaire, s’est écarté de ses devoirs, on ne le voitplus chanceler, puis tomber mort au sortir d’un repas, tandisqu’un des convives lit d’une voix vengeresse, le firman impérialqui a fait verser le poison dans la coupe; le peuple ne trouve plusau matin, sur le seuil de sa porte, sonkadi ou son pacha avec unpoignard dans le cœur et le fetwa du Cheik-ul-Islam attaché aupoignard, on le révoque comme chez nous un préfet ou un com-missaire de police, et notre gracieuse formule : « Appelé à d’au-tres fonctions » y est remplacée par quelque autre équivalente.
La Turquie se ressentit peu de la commotion qui bouleversal’Europe après la révolution de Février. Elle ne se montra mêmepoint hostile au mouvement qui éclata dans les principautés deValaehic et de Moldavie ; mais quand le czar intervint pour rétablir