PITTORESQUE.
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Ce spectacle est tellement grandiose, que Constantinople sembleêtre une de ces fantastiques cités qu’on ne voit qu’en rêve.
Mais c’est surtout lors d’une nuit de fête, au Ramadan et auBeïratn, par exemple, que le coup d’œil, présenté par la métro-pole de l’Islam , est vraiment magique. Les minarets, resplendissantde lampions, semblent des phares au milieu d’un immense océande paillettes lumineuses qui scintillent de toutes parts, sur les rivesde la Corne-d’Or comme sur la vieille terre d’Asie ; et les vais-seaux à trois ponts, dont tous les contours , mâts, vergues etbordagcs, sont illuminés de lanternes vertes, bleues, jaunes etrouges, apparaissent comme ces nefs de pierreries, voguant ausein d’une mer phosphorescente que nous dépeint l’imaginationdes conteurs arabes.
Cependant, il faut reconnaître que la plupart de ces merveillesne doivent être vues que de loin ; si vous approchez, le prestiges’évanouit. Ces maisons pittoresques ne sont que d’ignoblescahutes enfumées et hors d’aplomb, et les rues de la ville d’abo-minables ruelles, tortueuses, infectes, pleines de trous, encombréesd’immondices. Et pourtant, l’artiste préférera toujours le désordrepittoresque des cités orientales à la régularité monotone de nosvilles modernes d’Europe et d’Amérique .
La physionomie de la population constantinopolitaine n’est pasun tableau moins curieux ; pour l’étranger, c’est un carnaval per-pétuel. A côté du vieux Osmanli , en large turban et en caftanrose, vert ou jaune, passe le Turc de la réforme en redingote bou-tonnée, fez rouge, bottes vernies et gants blancs. Là, c’est le Juif,à la robe fendue sur les côtés et au turban bleu, moucheté denoir; plus loin, le Grec, sujet de la Porte {raya), en fustanelleblanche, avec la calotte rouge et la veste soutachée; le Bulgare,