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La Turquie pittoresque : histoire, moeurs, description / par W. A. Duckett ; préface par Théophile Gautier
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LA TURQUIE

au sayon grossier, au bonnet entoure d’une énorme couronne defourrure; les Albanais, qui n’ont qu’une veste sans manche surleur torse nu; les Kurdes, au manteau zébré;, les Circassiens, vêtusd’un jupon de poil de chèvre serré par une ceinture de métal,les jambes entourées de linges retenus par des cordelettes, la poi-trine revêtue d’étuis à cartouches, avec une fourrure d’Astrakhan au collet et un bonnet de peau garni de longs poils épais qui leurfait comme un turban ; les Persans, au grand bonnet d’agneaunoir ; les Syriens , les Géorgiens, les Éthiopiens à la tête crépue ;enfin des hommes de toutes les religions et de tous les pays, sanscompter les Tsiganes ou Bohémiens , au teint jaune, aux cheveuxnoirs, race proscrite, qui joue, là comme partout, du violon et dutambour de basque, pour amuser toutes les autres.

Les femmes ne sont pas les personnages les moins intéressantsdans ce pêle-mêle perpétuel de tant de nationalités diverses.

Les femmes turques sont masquées d’un yachmak, ample piècede mousseline ou de mérinos blanc, qui laisse voir de grands yeuxnoirs ou d’un bleu sombre, avivés par le henné noir dont elles seteignent les paupières et surmontés de sourcils rejoints par lesurmeli ; elles sont drapées d’un féredjé de couleur tendre, rose,jaune, vert ou bleu, portent des caleçons de taffetas et des bottinesde maroquin jaune. Le costume des Arméniennes a le plus grandrapport avec le leur ; elles sont presque aussi sévèrement voilées,mais elles se vêtissent en général de violet et sont toujours chaus-sées de noir. Les Juives se coiffent d’une espèce de bourrelet dis-gracieux (kalpak) qui descend jusqu’aux oreilles et cache leurscheveux. Leüt corps s’enveloppe d’une tunique blanche à plisnombreux et pressés, et leurs épaules soutiennent une chasuble desoie miroitante qui retombe jusqu’à leurs genoux. Les Grecques