LA TURQUIE PITTORESQUE.
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montueux on pénètre dans les appartements du premier corpsde logis. Ce sont de vastes salles très-peu meublées par des divansen étoffe commune de Perse et des nattes en jonc.
Partout la même simplicité, l’ornementation des plafonds varieseule ; on voit çà et là quelques glaces et dans le sérail tout entierdeux paysages, sans personnages, bien entendu, car la loi deMahomet interdit sévèrement la reproduction des êtres animés.
M. Théophile Gautier a vu dans une de ces pièces une penduleà tableau mécanique représentant la pointe du sérail avec descaïques et des vaisseaux qu’un rouage fait rouler et tanguer :« Elle excite, dit-il, l’admiration des Turcs débonnaires et le sou-rire des ghiaours, car elle serait mieux à sa place dans la salle àmanger d’un épicier enrichi que dans le mystérieux séjour dupadichah. »
La même salle renferme dans de simples armoires vitrées leslegs que les sultans ont faits au sérail ; ce sont des objets quileur ont servi pendant leur vie. Tous ils ont donné des armes,sabres, yatagans, poignards, pistolets étincelants de perles et derubis, à l’exception de Mahmoud II , calligraphe et poète, qui a faitdon de son encrier en or tout couvert de pierreries.
Tout à côté s’allonge une galerie où les sultanes jouent etprennent de l’exercice sous la surveillance des eunuques noirs.
Plus loin sont les bains de marbre et de porcelaine, oùM. Maxime Ducamp a été assez heureux pour pénétrer, leskiosques des femmes, le harem enfin que nul regard profanen’a jamais profané. C’est pour cette partie mystérieuse dupalais du Grand Seigneur qu’est réservée toute la magnificencedu luxe impérial ; mais on n’en peut guère parler que parouï dire.