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La Turquie pittoresque : histoire, moeurs, description / par W. A. Duckett ; préface par Théophile Gautier
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PITTORESQUE.

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colonne composée d’un fût léger et d’un chapiteau corinthien,avecune inscription sur sa base. Elle est bien conservée et remonte autemps de Théodose .

Au delà est située l’antique église de Sainte-Irène; elle ressembleà Sainte-Sophie sur une plus petite échelle, et elle est ornéede marbres et de mosaïques. Les Turcs l’ont transformée enarsenal. A côté d’une belle collection d’armes modernes disposéesavec goût, on voit le sabre de Mahomet II , un brassard qui a servià Tamerlan, l’épée de Scanderberg , les fameuses marmites desjanissaires, des canons et des bombardes de formes étranges, desfaisceaux de piques et de vieilles hallebardes, ainsi qu’un grandnombre d’autres pièces fort curieuses.

Enfin on sort du sérail par la porte appelée Baba Houmayounou Sublime Porte . Malgré ce nom pompeux, ce n’est qu’une lourdemasse semblable à un bastion. C’est là qu’on exposait pendanttrois jours sur un plat de bois ou d’argent la tête des criminelsd’Etat.

Le nombre des habitants du sérail passe six mille parmi les-quels on compte environ cinq cents femmes. En outre un grandnombre de personnes sont employées au sérail pendant la journée,et ont leur maison et leur famille dans la ville.

Le sultan a de droit six femmes en titre qui portent le titre decadines, quoiqu’elles ne soient pas ses épouses légitimes. La pre-mière d’entre elles qui donne un héritier à l’empire devient sul-tane favorite et a le litre d’hasséki. Si l’enfant de l’hasséki meurt,elle perd son rang. Il faut ranger au nombre des vieux contesridicules la croyance populaire qui représente les femmes du sultanrangées en file, attendant que le maître jette le mouchoir à cellequ’il préfère.