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Les femmes du sérail sont principalement des Géorgiennes etdes Circassiennes, les deux plus belles races du monde ; aussi il estcertain qu’il n’existe nulle part un aussi grand nombre de beautésexquises. Elles ont toutes reçu une très-bonne éducation, ellessavent lire, écrire, faire des vers, de la musique et danser avecplus de volupté que de grâce. Leur vie s’écoule dans une suite noninterrompue d’amusements compatibles avec la vie sédentaire,par exemple à changer fréquemment de toilette, à se visiter encérémonie les unes les autres, à recevoir les hommages sans cesserenouvelés de leurs compagnes d’un rang inférieur, à voir desesclaves de leur sexe danser et jouer la comédie, enfin à rassasierleur âme de cette félicité passive et sans action qui est le butunique auquel les femmes turques aspirent, et le seul qu’ellessoient capables de goûter.
Quelquefois, et c’est une faveur, on leur permet d’aller dans lesdifférents palais et kiosques que le sultan possède sur les bords duBosphore, toujours sous la surveillance des eunuques noirs (lesblancs ayant été supprimés récemment) ; et alors les officiers depolice sont chargés d’empêcher toute espèce de bâtiment de passerprès du calque impérial.
Lorsqu’elles ont atteint l’âge de trente ans , le sultan donne laliberté à quelques-unes de ses esclaves et elles trouvent à se marieravantageusement à cause de leur crédit et de leurs relations. 11n’est pas besoin d’ajouter que la majeure partie de ces femmesn’est jamais connue du sultan ; son harem n’est, à dire vrai, quele luxe de son suprême rang.
En sortant du sérail, on laisse derrière soi la fontaine d’Ach-met III, une des plus jolies de Constantinople, avec son toit chinois,ses sculptures délicates et ses gracieuses colonnettes, et l’on a