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La Turquie pittoresque : histoire, moeurs, description / par W. A. Duckett ; préface par Théophile Gautier
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PITTORESQUE.

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Derrière les murs du sérail se trouve une vaste place qu'onappelle l’Atmeïdan. C’est l’ancien Hippodrome des Grecs. C’est encet endroit que se donnaient les spectacles publics, les courses,les combats d’athlètes, que la foule du Bas-Empire se passionnaitpour les verts et les bleus, ces factions rivales des cochers, dontles luttes continuelles dégénérèrent bientôt en querelles politiqueset causèrent des séditions terribles.

L’Atmeïdan est aujourd’hui réduit à deux cent cinquante pasde long sur cent cinquante de large. Il a d’un côté la mosquée dusultan Achmet et de l’autre un grand édifice à moitié ruiné qu’ondit avoir été autrefois le palais .du questeur et qui est aujourd’huiun Timar Khanè ou hôpital de fous.

Il reste dans l’Atmeïdan trois monuments remarquables desGrecs : l’obélisque de Théodose, la colonne serpentine et cellede Constantin Porphyrogénète, faibles vestiges des merveilles quecontenait jadis cette enceinte. Les empereurs byzantins s’étaientcomplus, en effet, à orner l’Hippodrome des dépouilles de l’anti-quité. On y voyait entre autres chefs-d’œuvre ces fameux chevauxen métal de Corinthe qui surmontent aujourd’hui la porte de Saint-Marc à Venise, après avoir orné, sous Napoléon I er , l’arc de triomphede la place du Carrousel à Paris .

L’obélisque, monolithe de granit rose haut de soixante pieds etchargé d’hiéroglyphes sur ses quatre faces, a été apporté de Thèbes en Egypte et élevé sur cette place à l’aide d’un mécanisme très-curieux,en trente-deux jours, sous la direction deProCulus, préteurde la ville, et sous le règne de Théodosc l’Ancien. Son piédestalassez dégradé a sept pieds de haut et est sculpté en bas-reliefsd un style barbare qui témoigne de la décadence des arts dans cesiècle. Sur la frise du piédestal, aujourd'hui caché par l’exhausse-