208
ment successif du terrain, se trouve, au rapport des écrivainsantérieurs, une représentation du mécanisme employé pour l’érec-tion de l’énorme monolithe, absolument comme sur le socle del’obélisque de Louqsor, place de la Concorde, à Paris , Ludovico-Philippo régnante ...
La colonne serpentine n’a guère plus de neuf pieds d’élévation,il est vrai que sa base est enfouie ; elle est formée de trois serpentsentrelacés dont les têtes faisaient chapiteau. On croit qu’ils pro-viennent du temple de Delphes où ils soutenaient le trépied d’or quela Grèce avait voué à Apollon, après la défaite de Xerxès à Platée :mais cette opinion n’est rien moins que fondée. S’il faut en croirela tradition, Mahomet II , pour donner une preuve de sa force,aurait abattu la tête de l’un d’eux d’un coup de hache d’armes.Les deux autres ont été enlevées en 1700 sans que les Turcs aientfait aucune recherche pour les retrouver.
La pyramide de Constantin Porphyrogénète n’est plus qu’uneabominable masse de pierres, un bloc de maçonnerie fendu detous côtés et qui ne subsistera pas longtemps. Elle était autrefoisrecouverte entièrement de bronze doré ; mais cette riche armaturetenta la cupidité du vainqueur et ne tarda pas à disparaître.
Autrefois les Turcs faisaient courir les chevaux dans l’Atmeïdanet s’y livraient à un exercice militaire appelé djerid. Voici en quoiil consiste. Deux ou plusieurs combattants,montés sur des chevauxtrès-vifs, sont armés d’une baguette blanche en forme de javelotqu’ils se lancent l’un à l’autre avec une grande violence. L’adresseconsiste à éviter le coup et à poursuivre l’antagoniste dans saretraite, à arrêter son cheval au galop, et à se baisser assez, sansquitter la selle, pour ramasser le djérid à terre. Depuis l’intro-duction de la tactique européenne ce jeu est abandonné.