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La Turquie pittoresque : histoire, moeurs, description / par W. A. Duckett ; préface par Théophile Gautier
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LA TURQUIE

leurs vêtements et leurs armes bizarres, et le santon Hadji-Beklach, leur patron ; on y voit tncme, comme contraste, un spé-cimen des Nizam-djedid qui les ont remplacés.

Ce musée de la vieille nationalité ottomane témoigne haute-ment de l’affaiblissement des préjugés en Turquie ; malgré l’usagemusulman qui interdit toute reproduction de la figure humaine,l’ouverture de l’Elbiceï-Àtika n’a pas soulevé la moindre émeute etles Turcs n’ensont pas les visiteurs les moins assidus.

Au bout de l’Atmeïdan se trouve l’Etmeïdan (marché auxviandes), que le massacre des janissaires en 1828 a rendu célèbre.A quelque distance enfin on voit la citerne, aujourd’hui tarie,de Bin-Bir-Derek ou les Mille et Une Colonnes, construite sousles empereurs grecs. L’emphase asiatique lui a donné ce nom,quoique les colonnes ne soient, en réalité, qu’au nombre de deuxcent douze; mais elles sont toutes de beau marbre blanc et d’uneproportion élégante. Elle est occupée maintenant par des filaturesde soie, dirigées par des ouvriers arméniens.

Il en existe encore une autre, appelée Yéré-Batan-Seraï (palaissouterrain) : celle-ci est pleine d’eau ; on y arrive par un passagevoûté et soutenu par trois cent trente-six colonnes de marbre. LesTurcs ne la découvrirent que trois siècles après la conquête deConstantinople . Aujourd’hui, une portion des murs s’est écrouléeet laisse pénétrer le jour dans l’intérieur que l’on pouvait visiterautrefois en bateau. Les musulmans racontent à ce propos deshistoires à faire dresser les cheveux sur la tête, et plus d’unebarque imprudente qui s’était engagée dans ce repaire des djims,des goules et des afrites, n’a jamais reparu.

A l’extrémité méridionale de la ville, sur la mer de Marmara ,se trouve le château des Sept-Tours, en turc Yedi-Koidé, en grec