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de Galata s’élève du milieu de maisonnettes basses et derrière lesanciennes murailles génoises tombant en ruine à ses pieds. C’estun véritable donjon gothique avec mâchicoulis et un toit pointuen cuivre. Sa construction remonte aux Génois ; elle s’appelait, deleur temps, la tour du Christ. Ces marchands soldats avaient faitde leurs comptoirs autant de forteresses, qui soutinrent plus d’unsiège dans leurs querelles incessantes avec les Grecs.
Péra, la résidence des Européens et de la société diplomatique,étage, au sommet de la colline, ses belles maisons de pierre qui neseraient pas déplacées à Marseille et même à Paris .
Parmi les palais des différentes ambassades, celui de la légationnisse est incomparablement le plus beau et le plus grandiose.
Péra possède même un théâtre français . Il est construit en boiset ne donne des représentations que pendant trois mois de l’année.Les Francs seuls le fréquentent.
La promenade de Péra, où se réunit le soir la société élégantepour prendre des glaces, du café et entendre de la musique, estune terrasse située sur la crête de la colline, occupée par un cime-tière que l’on nomme le Petit-Champ-des-Morts, ou, pour écartercette image funèbre, simplement le Petit-Champ.—C’est une sin-gulière ville, en effet, que Constantinople ; la moitié en appartientaux vivants, l’autre moitié aux morts ; outre les petits cimetièresqui s’intercalent entre les maisons, on compte quatre grandschamps de sépulture dans la ville ou à ses portes.— Cette terrassese contourne et va joindre le Grand-Champ-des-Morts derrière lehaut Péra. Celui-ci se déploie sur une sorte de terrain planté decyprès, entre le Bosphore et la Corne-d’Or. Toutes les tombessont d’une uniformité presque complète et consistent en cippes demarbre coiffés de turbans coloriés de différentes formes, avec