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La Turquie pittoresque : histoire, moeurs, description / par W. A. Duckett ; préface par Théophile Gautier
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PITTORESQUE.

2 I S

quelques inscriptions ; une pierre ornée d’une tige de lotus ou d’uncep de vigne avec pampres et grappes sculptés en relief et peints,indiquent la tombe des femmes. Au pied de ces cippes est ordi-nairement une dalle creusée d’un petit bassin, où les parents etamis du défunt apportent des fleurs et versent du lait et desparfums.

L’ouverture est ménagée de manière à correspondre à l’oreilledu mort, afin qu’il puisse entendre les gémissements de ceux quile pleurent sur la terre. Toutes ces tombes sont confusément jetéesçà et là, beaucoup sont renversées et brisées en morceaux. Onprétend que les cippes décapités recouvrent les corps des janis-saires, que la mort n’a pu mettre à l’abri de la vengeance de Mah-moud. En quelques endroits, des terre-pleins entourés de balus-trades ou de petits murs, forment des lieux réservés de sépulturepour des familles de distinction.

Les cimetières turcs sont des lieux de promenade et de réunion ;les oisifs y viennent fumer leurs pipes, les femmes, accoudées auxcippes funéraires ou assises sur l’herbe, y passent souvent lajournée entière, les enfants y jouent, les marchands de gâteaux etde rafraîchissements parcourent continuellement les nombreuxsillons qui les coupent en tous sens.

Le Grand-Champ-des-Morts rejoint devant les quartiers francsle Petit-Champ, qui descend jusqu’aux premières maisons de Galata et s’avance, par une pointe de cyprès et de tombeaux, jusqu’auTekhé ou monastère des Derviches-Tourneurs . Tout à côté setrouve le tombeau du comte de Bonneval, le célèbre renégat, quimourut Achmet-Pacha et chef des bombardiers.

Les derviches tourneurs ( mcwlewis ), sont des religieux mu-sulmans qui vivent en communauté, et valsent par dévol ion.