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retrouver l’argent perdu, l’immense caserne du Grand-Champ-des-Morts de Péra, et le vaste collège de Galata-Scraï. N’oublions passurtout le cimetière des Juifs sur le versant d’une colline aride; ilsemble que le mépris des Turcs les poursuive encore après leurmort; rien n’est d’un aspect plus misérable que ce cimetière sansarbres et sansverdure.
Le faubourg d’Eyoub est ainsi appelé du nom d’un com-pagnon du prophète qui y fut tué, lors du premier siège deConstantinople par les |musulmans, l’an CG8 de notre ère. LesTurcs y construisirent une mosquée où les sultans allaientceindre le sabre à leur avènement.
Transportons-nous maintenant de l’autre côté du Bosphore , enpassant devant un ilôt de rochers surmonté d’une tourelle blan-che, que les Turcs appellent Kiss-Koulessi (tour de la Jeune Fille)et les Francs tour de Léandre, bien que ce fût l’Hellespont et nonle Bosphore que traversait ce jeune amant chanté par Musée , pouraller rejoindre Iléro, la belle prêtresse de Vénus, — et jetonsun coup d’œil sur Scutari , la ville turque par excellence, où lesfidèles musulmans se font enterrer afin que leurs cendres nesoient point profanées par le contact impur des ghiaours.
Scutari est située sur remplacement de l’ancienne Chrysopolis dont il ne reste aucun vestige. Son débarcadère se présente sousl’aspect le plus pittoresque. Les murailles blanches de la mosquéede Bouyouk-Djami apparaissent au second plan. Cette mosquéeproduit un très-bel effet, avec sa coupole, son minaret, ses terrassessurmontées de petits dômes de plomb, ses arcades arabes, ses esca-liers et ses masses de maçonnerie, entremêlées de touffes d’arbres.
Sur une petite place à laquelle aboutit la principale rue deScutari, on voit une jolie fontaine avec un toit chinois, toute bro-