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La Turquie pittoresque : histoire, moeurs, description / par W. A. Duckett ; préface par Théophile Gautier
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PITTORESQUE.

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dée (Varabesques. La Grande-Rue monte en pente douce entre desmaisons voilées de chèvrefeuilles et de pampres, et la mosquée deSultan Selim, avec ses deux petits portails moresques , ses balus-trades dentelées et son dôme évasé que supportent des consolesrenversées.

Le grand champ des morts de Scutari est peut-être le plus vastede tout l’Orient. 11 commence avec les dernières maisons du fau-bourg, longe la plaine sinueuse d’IIaïdcr-Pacha et descend par unepente insensible jusqu’au golfe de Nicomédie. C’est un immensebois de cyprès, couvrant un terrain accidenté et coupé de largesallées. Une route le traverse dans toute sa longueur et passe devantune immense caserne qui contient huit mille soldats.

Comme tous les autres, c’est un lieu de promenade et lafoule s’y presse le lundi et le jeudi, spectacle toujours varié etoffrant les contrastes les plus saisissants. A côté de la calèche etdu coupé parisien qui emporte dans son vol rapide la femme dequelque pacha de la réforme, hermétiquement voilée de mousse-line, Yaraba doré et recouvert d’une bâche en toile, et le la-lika peint, l’ancienne voiture nationale dont la forme se rap-proche de nos vieux carrosses du temps de Louis XIV , attelés debuffles noirs, cheminent à pas mesurés, en même temps que lesfashionables européens et les tchêlébis ottomans déploient à l’envileurs grâces de cavaliers, ceux-ci sur leurs chevaux anglais , ceux-là sur des pur-sang arabes et kurdes qui les valent bien.

Le lekké des Derviches-Hurleurs est situé dans le haut Scutari ,sur la lisière du Champ-dcs-Morls. Aux murailles de la salle où ilsse réunissent sont suspendus de singuliers instruments de torture;ce sont des espèces de broches, terminées par des masses deplomb ; il s’en servent dans les occasions solennelles pour se mar-