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rieur; car les bijoux sont renfermés dans des coffres qui ne s’ou-vrent que pour l'acheteur ; mais si l’on pénètre dans ces humbleséchoppes, on peut voir d’incomparables richesses, diamants deVisapour et de Golconde , rubis, saphirs, perles d’Ophir, topazes,opales, turquoises, non taillés pour la plupart et qui semblent desgrains de sable dans les sébilles de bois où ils sont jetés àpoignée.
Ici c’est le bazar des pipes ; les chibouks de cerisier, de jasmin,de rosier, d’érable, sont liés par faisceaux à côté des lulés (four-neaux de pipe) en terre rouge et des bouquins d’ambre cerclésd’or et quelquefois enrichis de pierres précieuses. La pipe, voilà levrai luxe de l’Orient ; on en voit qui se paient jusqu’à huit et dixmille piastres.
Là vous trouvez le bazar des selliers, celui des marchands desoieries, des marchands de caflans, de vestes brodées d’or et d’ar-gent, de tarbouches, de dolmans.
Puis, on arrive au Grand-Bazar, au Bezestan ou mieux au Bez-zazisian, le plus beau et le plus vaste de tous, où débouchent tousles autres. C’est un immense espace voûté, à demi éclairé;M. Théophile Gautier qui est un poète, mais qui 11e se laisse pastoujours entraîner par son imagination, le compare au Temple deParis . Les richesses qu’il renferme sont incalculables, à ce pointqu’il est défendu d’y fumer, chose inouïe en Orient. C’est l’en-droit consacré à la vente des armes et des objets de prix. O11trouve là les vieux fusils à rouet et à mèches des janissaires, à lacrosse ornée de corail, au canon ciselé d’argent, les lances del)amas, les kandjars d’acier bleuâtre, les pistolets albanais, lesyatagans, les haches d’armes, les cottes de mailles circassiennes,les carquois mongols, les boucliers d’écaille de tortue, les poignards