PITTORESQUE.
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dans leurs gaines de velours ou de chagrin, les riches cassolettesd’or, les coffrets, les miroirs et les tapis de la Perse, dont la bro-derie imite si bien les palmes du cachemire, les belles écharpesrayées de Tunis , les peaux de lion ou de tigre, les mousselines,les fines chemises de soie crépelées, toutes les magnificences de cesriches pays du soleil.
Les marchands du Bésestan sont tous musulmans et très-atta-chés aux anciennes idées, ils ont gardé le vieux costume nationalet sont excessivement riches. Ils se retirent à midi et l’on fermealors les portes de fer du bazar. En général, ils se montrent peupressés de vendre ; ils ne vantent pas leur marchandise et c’est àgrande peine qu’ils répondent même aux interrogations les pluspressantes. S’ils n’acceptent pas les prix qu’on leur offre, ils secontentent de renverser la tête en arrière et de lever les yeux versla voûte, comme pour prendre le ciel à témoin de l’injustice qu’onleur fait. Si l’acheteur s’éloigne, ils se gardent bien de le rappeler.11 y en a qui ont des procédés magnifiques et qui, dès les premierspourparlers, vous offrent la pipe et le café. M. Alexis de Valoir ra-conte que, marchandant un jour une écritoire, comme il n’enoffrait que la moitié du prix qu’en demandait le marchand,celui-ci lui répondit qu’il ne pourrait s’en dessaisir pour si peu,mais que si l’étranger en avait envie, il se ferait un plaisir delui en faire cadeau.
Si l’on veut se faire une idée de l’extraordinaire bigarrure de lapopulation de Constantinople , c’est aux bazars qu’il faut surtout serendre.
Les femmes turques circulent en toute liberté au milieu de cesbazars, accompagnées de leurs négresses ou de leurs eunuquesnoirs 5 elles prennent même un vif plaisir à marchander et à