PITTORESQUE.
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à Constantinople, car la jalousie musulmane ne s’accommoderaitguère des mille rapports que le commerce nécessite.
Les boutiques des marchands de tabac sont les plus nombreusesde toutes ; on y vend cinq sortes de tabac : Yiarach, Yorla, le do-klan akleu, le sert, hachés très-tin en longues touffes soyeuses etblondes, et le lombeki, exclusivement destiné au narguileh et qui,rompu en petits morceaux, se conserve dans des bocaux de verre.Les marchands sont pour la plupart Grecs ou Arméniens, et despachas et autres grands dignitaires viennent souvent s’asseoir sansfaçon dans leurs boutiques pour fumer, causer et apprendre lesnouvelles.
Mais ce sont les boutiques des barbiers surtout qui ont le pri-vilège d’être des bureaux d’esprit et de nouvelles. En savonnantleurs pratiques et en leur rasant la tête, ces honnêtes industrielsne manquent pas de leur faire part, à charge de revanche, de cequ’ils savent et même de ce qu’ils ne savent pas. Cette loquacitédu barbier tient évidemment à sa profession, car elle est la mêmechez tous les peuples, à toutes les latitudes; et celui qui écrivitsur sa devanture Kstpw Ta/ wia xai gim-m ( je rase très-vite et je metais), n’était évidemment qu’un insigne charlatan.
On trouve, en général, dans les boutiques des barbiers, commedu reste en tous les endroits où l’on séjourne un tant soit peu, lapipe et le café ; par contre, il y a beaucoup de cafés où l’on peutse faire raser. Les barbiers turcs sont en même temps chirurgiens:comme chez nous au moyen âge, ils saignent, posent des ventouseset font même quelquefois des opérations plus graves.
A la devanture des boutiques de confiseur s’étalent des bocauxde dragées roses et blanches, de pistaches et de pâtes de diversescouleurs, des pots de conserve de roses. Il y en a dont la montre
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