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est des plus originales, et qui offrent à l’admiration du passant despetits bateaux à vapeur en sucre, des derviches qui ressemblent àdes bonshommes de pain d’épice, des oiseaux coloriés en bleu eten rouge.
Citons encore les pâtissiers qui cuisent des galettes de baklava ;les rôtisseries, où le mouton, coupé par petits morceaux enfilésdans des brochettes, grille devant un feu clair ; les boucheries, auxétaux desquelles pendent des quartiers de viande et qu’entourentcontinuellement des chiens affamés ; les poissonneries, toutespleines de poissons aux formes bizarres, seiches, poulpes, vieilles,scorpions de mer, et narvals à l’œil rond, vitré et sanglant avecun dard formidable et bleuâtre comme de l’acier; les marchandsde comestibles qui, de tous côtés, étalent des pyramides de pas-tèques, de concombres, d’aubergines, de tomates, de barilsd’olives noires, des tonneaux de fromage blanchâtre dont les Turcs se servent en guise de beurre, des caques de caviar de Russie .Parlons aussi d’une autre classe d’industriels, les écrivains publicsqui tracent au plus juste prix toute espèce de suppliques dans leurséchoppes placardées de tableaux calligraphiques, et des marbriersqui sont très-nombreux à Constantinople , car un musulman, sipauvre qu’il soit, croirait sa mémoire déshonorée, s’il n’avait pas,après sa mort, sur son cadavre un cippe coiffé d’un turban.
Quant aux cafés, la plupart consistent en une salle assez petite,voûtée et peinte à la chaux, avec un divan tout à l’entour et unefontaine de marbre blanc au milieu, dont le mince filet d’eau quiretombe dans plusieurs vasques superposées, rafraîchit l’atmos-phère échauffée encore par la flamme du fourneau où l’on fait lecafé. On le sert dans de petites tasses à peu près grandes commeun coquetier. Les consommateurs apportent leur tabac, l’établis-