Buch 
La Turquie pittoresque : histoire, moeurs, description / par W. A. Duckett ; préface par Théophile Gautier
Entstehung
Seite
229
JPEG-Download
 

PITTORESQUE.

229

Parlons maintenant de l’intérieur des maisons. Riches oupauvres, grandes ou petites, les maisons turques sont toujoursséparées en deux parties bien distinctes, le selamlik (appartementdes hommes) et Xodalïk ou harem (appartement des femmes). Leselamlik est, en général, meublé très-simplement et tout le luxeest réservé pour le harem, asile mystérieux où nul ami, nul parentmême ne pénètre.

Toutes les Européennes qui ont vu les harems des Orientaux,s’accordent à vanter le bonheur des femmes musulmanes. « Je suispersuadée, dit lady Monfague, que les femmes seules sont libresen Turquie .» Ceci, bien entendu, ne doit pas s’entendre desfemmes esclaves, mais seulement des femmes libres, de celles quiont le titre d’épouses (Radines). Elles sortent quand elles veulent,vont aux bazars, aux promenades, aux bains, aux cimetières, oùelles restent souvent tout le jour et se font même apporter leursrepas ; elles peuvent recevoir quand il leur plaît les visites de leursamies. Ces visites occupent souvent presque une journée. Lesfemmes ainsi réunies mangent, fument, boivent du café ou dessorbets ; elles babillent, se montrent leurs atours et leurs parureset cela suffit à leur amusement. Le maître du logis lui-même nepeut alors entrer dans l’odalik, à moins d’une affaire très-pres-sante et dans ce cas, il doit se faire annoncer afin que les étran-gères aient le temps de se voiler.

Ce voile des musulmanes, qui contrarie si fort la curiosité desEuropéens, n’est du reste obligatoire que dans les grandes villes,où beaucoup de femmes chrétiennes le portent également. Lesfemmes de la campagne, en général, se montrent à visagedécouvert.

La nourriture des femmes, quoique semblable à celle des