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LA TURQUIE PITTORESQUE.
hommes, est plus frugale ; elles font un grand usage du musc etdes parfums, souvent aussi elles prennent des opiats dans le butd’acquérir un certain degré d’embonpoint ; l’habitude des ablu-tions rend leur corps d’un poli et d’une propreté extrêmes. Elless’occupent beaucoup de leurs enfants ; elles ont aussi la surinten-dance des affaires domestiques ; mais, la plupart du temps, c’estle mari seul qui tient la bourse et qui règle les dépenses.
Quoique la loi autorise les musulmans à prendre quatre épouseset autant de concubines esclaves qu’ils en veulent, on les voitassez ordinairement se contenter d’une seule femme, légitime ounon. Même la fille qu’ils épousent peut les obliger par son contratà vivre en état de monogamie. Il est vrai qu’ils ont la liberté dedivorcer à peu près aussi souvent qu’il leur plaît ; mais ils n’abusentpas de cette latitude.
C’est donc une grande erreur de s’imaginer que l’islamismeplace la femme dans une position très-inférieure à celle del’homme, et de penser que les musulmans croient que les femmesn’ont point d’âme.
Au contraire, Mahomet a rendu la condition des femmes beau-coup meilleure qu’elle n’était avant lui. Il admit la polygamie,•qui de toute antiquité existait en Orient; mais, s’il accorda àl’homme une autorité sur la femme, il l’obligea à la nourrir et àlui constituer un douaire, à la différence de l’Européen qui exigeune dot de la femme qu’il épouse. D’ailleurs, comme le remarquetrès-bien M. Gérard de Nerval , « les principes de l’islamisme s’op-posent si peu même à la domination de la femme, que l’on peutciter dans l’histoire des Sarrasins un grand nombre de sul-tanes, souveraines absolues, sans parler de la domination réellequ’exercent du fond du sérail les sultanes mères et les favorites, »