LA TURQUIE PITTORESQUE. 239
Gallipoli, sur la mer de Marmara , offre le meilleur mouillagedes Dardanelles . M. Turner lui accordait 80,000 habitants en1815. Les troupes anglo-françaises qui y ont débarquées en 1854ont singulièrement nivelé et régularisé les rues inextricables decelte ville qui est du reste d’un aspect très-pittoresque.
Bourgas, sur la mer Noire , n’est, au dire de M. Alexander,qu’une petite ville de 4 à 5,000 âmes, mais elle a de l’importancecomme station navale.
Salonique est la principale ville de la Macédoine . C’est l’an-cienne Thessalonique . Siège d’un pacha et d’un archevêque grecet, après Constantinople , la ville de commerce et d’industrie laplus importante qu’il y ait dans la Turquie d’Europe , elle esttrès-heureusement située à l’extrémité du golfe Thennaïque, quede nombreux alluvions ont rendu très-peu profond, entre deuxpromontoires, au pied du mont Hortacli. Elle est entourée demurailles et de fortifications et bâtie à la turque ; mais elle sedistingue des autres villes de l’Empire par sa propreté, et possède70,000 habitants, dont 12,000 Grecs, 20,000 Juifs et beaucoupde Francs.
Parmi les douze grandes mosquées qu’on y compte, les plusremarquables sont deux anciennes églises grecques, placées autre-fois sous l’invocation, l’une de la Sagesse divine, l’autre de saintDémétrius. Son port qui est très-sûr peut contenir trois centsbâtiments. Depuis le xvm e siècle, les Italiens, les Anglais , lesAllemands et les Français sont en possession de faire à Salonique d’importantes affaires de commerce et de change sur Vienne etsur Smyrne . Cette ville était aussi autrefois le siège d’une floris-sante fabrication de tapis, de draps, d’étoffes de coton et de soie*et on y trouvait d’importantes teintureries. Mais dans ces derniers