PITTORESQUE. 245
du Danube, elle se trouvait placée, depuis la paix d’Andrinople ,sous la domination russe. Une convention intervenue, en 1840,entre la Russie et l’Autriche , stipula que la première de ces puis-sances exécuterait les travaux d’art necessaires pour faire dispa-raître les obstacles qu’y rencontre la navigation ; mais rien nefut entrepris dans ce but. Tout au contraire, les obstacles se sontaccrus. En effet, au temps de la domination turque, cette em-bouchure présentait encore quatorze pieds de profondeur, tandisqu’elle n’en a plus aujourd’hui que neuf. On accuse les Russesd’y avoir coulé des bâtiments chargés de pierre. La mauvaise foimoscovite autorise toute supposition.
L’importance stratégique du Danube est prouvée par le grandnombre de places fortes qui s’élèvent sur ses bords. Widdin ,Roustchouk et Silistrie sont les trois plus importantes.
La capitale de la Bulgarie est Solia.
Choumla est une ville de 30,000 âmes et l’une des plus fortespositions de l’Europe . La vaste enceinte de ses fortifications, lesvallées qui coupent le terrain et l’escarpement des pentes, ren-dent très-difficiles l’attaque et le blocus. Il est presque impos-sible de lui faire le moindre mal par un bombardement, et sonterritoire est assez étendu pour nourrir sa garnison, fût-elletrès-considérable. En outre, c’est la position militaire la plusimportante de la Turquie orientale, parce que c’est le centre com-mun où viennent aboutir toutes les routes des forteresses duDanube et d’où partent celles qui se dirigent vers la mer Noire et la Thrace .
Dans ses environs est situé le village de Madara, habité parenviron deux mille femmes. C’est le quartier général de toutes lesaventurières de la Turquie européenne; ces dames exercent à