PITTORESQUE.
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publics et les cafés sont, pour la plupart, dans un état misérable ;et cependant, vue de loin, avec ses nombreuses mosquées,Bagdad offre un aspect vraiment enchanteur.
En été, la chaleur y est si accablante que les habitants sontréduits à chercher un peu de fraîcheur dans des appartementssouterrains; en revanche, l’hiver y est assez froid pour rendre lefeu nécessaire.
Le nombre des habitants de Bagdad, en y comprenant environ20,000 Arabes, Hindous, Afghans et Égyptiens qui viennent s'yfixer pour s’y livrer au commerce, peut s’élever aujourd’hui à65,000. Avant 1831, époque où la peste y exerça d’effrayantsravages, de concert avec des inondations dévastatrices, la popula-tion atteignait 100,000 âmes. On y trouve, en outre, des Persanset un petit nombre de chrétiens arméniens. Les Juifs sont tenusd’habiter un quartier séparé et soumis en général à la plus dureoppression. Les classes supérieures de la population se montrentdans leurs rapports avec les étrangers plus polies et plus hospita-lières que ne le sont en général les enfants à’Ahmed aux yeuxnoirs; les classes inférieures, au contraire, ont tous les vices par-ticuliers à l’Orient.
Jadis foyer de lumière et de civilisation, Bagdad n’est plusqu’un grand centre commercial ; et le fameux medressé, construiten 1233 par le calife Mostansir, est depuis longtemps transforméen caravansérail. Le commerce n’est d’ailleurs pas le seul mobilequi attire un grand nombre d’étrangers à Bagdad ; la religion ycontribue tout autant, et chaque année les tombeaux des saints,entre autres celui du prophète Ézéchiel et celui d’un iman sun-nite, patron de la ville, y attirent la foule des fidèles.
Bagdad est un des grands entrepôts des denrées de l’Arabie, de