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l’Inde et de la Perse, ainsi que des articles des manufactures euro-péennes. C’est elle qui fournit à l’Asie Mineure, à la Syrie et àune partie de l’Europe les produits de l’Inde qui entrent dans leurconsommation. Introduits par la voie de Bassora , ils remontent leTigre à l’aide de barques, puis sont transportés par caravanes àTokat, Constantinople, Alep, Damas , et dans les parties occiden-tables de la Perse. On y fait aussi un commerce assez importanten joaillerie et en bijouterie. Rien de plus brillant que l’aspect dubazar, bâti par Daoud-Paclia, et justement célèbre en Orient, avecses douze cents boutiques remplies de tous les produits de cetautre hémisphère.
Les principaux objets qu’on fabrique à Bagdad consistent encuirs rouges et jaunes, qui jouissent à bon droit d’une granderéputation ; étoffes de soie, de laine, de coton, notamment mousse-lines, taffetas, tapis et châles. Un bâtiment de poste anglais faitle service entre Bagdad et Bassora .
Les environs de Bagdad sont jonchés de débris de villes grec-ques, romaines, persanes et arabes, confondues ensemble dansle même néant. C’est là que les livres saints placent le berceau dugenre humain. C’est là qu’était située Babylone , l’une des villesles plus anciennes et les plus célèbres du globe. Hérodote , quivraisemblablement l’avait vue de ses yeux, en a laissé une descrip-tion extrêmement curieuse.
Elle s’étendait sur les bords de l’Euphrate en formant un carrédont chaque côté avait 120 stades, ce qui donnerait pour la tota-lité 88 kilomètres. Elle était entourée d’une muraille haute dedeux cents coudées, large de cinquante, et pourvue de cinquanteportes d’airain, nombre que Diodore porte même à deux cent cin-quante. Les deux parlies de la ville, qui étaient construites avec