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La Turquie pittoresque : histoire, moeurs, description / par W. A. Duckett ; préface par Théophile Gautier
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LA TURQUIE

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Nicolas. Il avait compté sur l’exaspération que n’aurait pas manquéde produire en Europe la nouvelle du massacre des chrétiens,pour renverser l’empire turc, car il avait à cœur de réaliser laprophétie répandue chez son peuple de la chute prochaine duCroissant.

À quelques jours de là, l’héroïque général Bem mourait empoi-sonné. Le czar se vengeait ainsi de l’homme qui, une fois de plus,venait de contrarier ses desseins.

Nous le répétons hautement, quoique ce crime soit resté ignoréen France , nous accusons la diplomatie russe d'avoir assassinéBem, et, s’il le faut, nous nommerons l’assassin qui est un Armé-nien, agent moscovite bien connu à Constantinople , et nous dironsmême le prix qu’il a reçu pour ce service.

Dans une autre direction on trouve Antakieh, l’ancienne An-tioche de Syrie. La populeuse Antioche, jadis rivale de Rome ,d’Alexandrie et de Séleucie, était située dans une belle et fertileplaine sur les rives de l’Odonte. Détruite à plusieurs reprises eten dernier lieu, en 1269, par les Mamlouks, elle n’est plus au-jourd’hui qu’une misérable ville, avec des rues sales et étroiteset des maisons n’avant guère qu’un rez-de-chaussée, mais dontles fenêtres donnent sur de vastes jardins ou sur des cours spa-cieuses et garnies d’arbres. Elles sont de plus, chose rare en Orient,surmontées de pignons et couvertes en tuiles. Une partie de sesmurailles et de ses aqueducs témoigne seule aujourd’hui de sonantique splendeur.

Alexandrette , appelée par les Arabes Scanderoun, « une desAlexandries bâties par le fils de Philippe dans ses campagnes civi-lisatrices, n’est plus, dit M. Ê aile Barrault, qu’un rainas chétifde quelques habitations ; le bazar se compose d’une douzaine de