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La Turquie pittoresque : histoire, moeurs, description / par W. A. Duckett ; préface par Théophile Gautier
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PITTORESQUE.

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plus belles villes de l’Orient, comptait encore il y a soixante ansune population de plus de deux cent mille âmes. On y voit un ma-gnifique bazar, composé de plusieurs rues, entièrement voûté etrecevant le jour par des fenêtres pratiquées dans les coupoles. Letremblement de terre du 13 août 1822 ensevelit les deux tiers deshabitants d’Alep , et transforma en un monceau de ruines la cita-delle située au milieu de la ville. Depuis lors la ville n’a pu recou-vrer son ancienne prospérité et la population atteint à peine au-jourd’hui le chiffre de 80,000 âmes. La nouvelle citadelle a étéconstruite au nord-ouest de la ville et renferme une grandecaserne.

Alep , ville au caractère et à la physionomie essentiellementarabes, est une des principales étapes du commerce entre l’Europe ,l’Inde, la Perse, l’Arabie et l’Arménie .

En 1850, Alep fut assignée pour résidence à Murad-Pacha (legénéral Bem) ainsi qu’aux autres Hongrois et Polonais qui, commelui, avaient embrassé l’islamisme. Vers la fin de la même année,une révolte, que nous savons de source certaine avoir été fomentéepar les intrigues de la Russie , éclata dans la ville. Treize chrétiensy perdirent la vie, trois églises furent incendiées. Le 7 novembre,Kerim-Pacha fit arrêter les chefs de la rébellion. L’insurrectionrecommença aussitôt ; à la tête de 4,000 hommes, Kerim-Pachaet Murad-Pacha repoussèrent les insurgés après une lutte de vingt-quatre heures. Dix-huit cents rebelles pér irent dans l’action ; troisquartiers de la ville, Karleh, Bab-Kusa et El-Bab-Beyrak, foyersde la révolte, furent détruits dans cette sanglante répression quitémoigna de la volonté formelle du sultan de protéger ses sujetschrétiens.

Ainsi échouèrent une première fois les projets de l’empereur