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La Turquie pittoresque : histoire, moeurs, description / par W. A. Duckett ; préface par Théophile Gautier
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PITTORESQUE.

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peuple, et ce n’est qu’un éclatant tombeau ; les portes sont silen-cieuses, les routes désertes, les rues vides ; les voies mortes.

M. de Chateaubriand a admirablement décrit l’intérieur triste,muet et morne de Jérusalem avec toute la mélancolie et la solen-nité de son génie : lui seul, après les prophètes, a eu des motspour exprimer cette inexprimable désolation des lieux. La popu-lation indigène, mélange de Juifs, d’Arabes, de Turcs, d’Égyptiens,est pauvre et inactive ; tout semble dormir dans cette ville de lamort. Les pèlerins seuls, arrivant et partant sans cesse, marchentdans les rues sombres et dans les bazars infects : mais ils marchentrecueillis et le front baissé, sans bruit, sans parole, comme deshommes remplis de la pensée qui les amène et foulant ce sol desmiracles avec le silence et le respect qu’on apporte dans un sanc-tuaire...

« Le paysage qui entoure Jérusalem est un cadre solennel etgrave, comme les pensées que cette ville suscite en vous. Du som-met de la citadelle de Sion , où est le tombeau du poëte-roi, l’œildescend d’abord sur la sombre et ardue vallée de Josaphat : aufond de ce ravin, un peu sur la droite, quelques bouquets d’ar-bustes, un peu moins gris que le reste, secouent la poussière deleurs feuilles sur le fdet d’eau qui s’échappe à la fontaine de Siloé;en face est une noire muraille de rochers à pic; quelques grottescreusées dans ce roc vif furent autrefois des tombeaux, et sontaujourd’hui les demeures de quelques familles arabes. Lu suivantla pente de cette vallée, qui roule en s’élargissant, le regard passe(‘litre les cônes multipliés des montagnes sombres et nues deJéricho et de Saint-Sabas .

« Au delà, à un horizon de sept ou huit lieues, vous voyezresplendir la mer Morte , éclatante et lourde comme du plomb