Il l’ E L O C È
Ja plus belle , la plus enjouée , la plus agréa"ble. Mon pere & ma mere n’étoient pas ma-riés : je ne fuis pas née comme ce boiteuxde Vulcain , fils légitime de Jupiter Sc deJunon , qui étoient mari Sc femme , à leurgrand regret. Je fuis fille du plaisir : l’Amourlibre a présidé seul à ma naissance ; & , pourparler avec notre Homere , il avoir forméla tendre chaîne qui lia Plutus à sa maî-tresse.
Mais n’allez pas prendre le change. Quandmon pere me donna l’étre , ce netoìt pas cePlutus courbé fous le poids des ans , Sc àqui lage avoir dé j a éteint la vue , tel qu’estle Plutus d’Aristophane. Mon pere étoit alorsdans son printems , fans avoir aucune infir-mité : le sang d’une ardente Sc vigoureusejeunefle pétìlloit encore dans ses veines. Dail-leurs , certain secours étranger ne nuisit poincà la chose. Mon pere sortoit par hazardd’une débauche divine , où il avoir fouettéle Nectar.
Si vous me demandez le lieu <Je ma nais-sance , ( car c’est aujourd’hui comme unepreuve de Noblesse, que le Public sçache , oùvous avez jetté les premiers cris du ber-ceau ) je ne fuis née ni dans l’Isle mouvant-;de Delos, comme Apollon ; ni dans le sein