de la Folie. 31
un vrai plaisir de voir nos Seigneurs & Maî-tres les Dieuxjlorsqu’ils ont poussé la joie d’unfestin jusqu’aux rasades : ils disent & ils fontalors tant d’impertinences , que toute accou-tumée que je luis à toutes ces sottises , jene siamois m empêcher d’en lire. Mais il vautmieux mettre ici le doigt fur la bouche :quelque Dieu défiant Sc soupçonneux pour-roit nous entendre ,1 Sc je craindrois pourmoi le fort de Momus.
II est tems de revenir aux hommes. J’imiteici le bon Homere , qui fans cesse monte 8cdescend du Ciel en Terre , & de la Terre auCiel. Il est tems , dis-je , de vous montrer endétail, que les hommes n ont de bonheur& de joye , qu’autant que je leur en procure.Vous voyez d’abord avec quelle prévoyancela Nature, cette Mere 8c cette Ouvrière duGenre Humain, a eu foin de répandre par-tout le sel Sc l’allâisonnement de la Folie.Suivant la définition des Stoïciens , être sage ,c'est avoir la Raison pour guide ; Sc être fou ,c’est se laisser emporter au gré des Pallions.Or , de peur que la vie de i'homme ne fûttriste 8c remplie d’amertume , combien Ju-piter lui a-t-il donné plus de Passions que dcRaison ? Elles font tout au moins commevingt-quatre à un. Outre cela il a relégué cette