220 LA LITTÉRATURE ET LES ARTS.
sage sur la terre; et c’est déjà une preuve hono-rable de caractère, que diriger vers une mêmeentreprise les rayons épars de ses facultés, et lesrésultats de ses iravaux.Dequelque manière qu’onjuge les beautés et les défauts de la Messiade, ondevroit en lire souvent quelques vers : la lectureentière de l’ouvrage peut fatiguer; mais, chaquefois qu’on y revient, l’on respire comme un par-fum de l’âme qui fait sentir de l’attrait pour toutesles choses célestes.
Après de longs travaux,après un grand nombred’années, Klopstock enfin termina son poème.Horace , Ovide , etc., ont exprimé de diversesmanières le noble orgueil qui leur répondoit dela durée immortelle de leurs ouvrages : (i) exegimonumentum cere perennius : et, nomenque eritindelebile nostrum. Un sentiment d’une touteautre nature pénétra l’âme de Klopstock quandla Messiade fut achevée. Il l’exprime ainsi dansl’ode àu Rédempteur, qui est à la fin de sonpoème.
« Je l’espérois de toi, 6 Médiateur céleste ! J’ai« chanté le cantique de la nouvelle alliance. La
(i) J’ai érigé un monument plus durable que l’airain.»le souvenir de mon nom sera ineffaçable.
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