221
« redoutable carrière est parcourue, et ta m’as« pardonné mes pas chancelants.
« Reconnoissance, sentiment éternel, brûlant,« exalté, fais retentir les accords de ma harpe;« hâte-toi; mon cœur est inondé de joie, et je 'verse« des pleurs de ravissement.
« Je ne demande aucune récompense; n’ai-je« pas déjà goûté les plaisirs des anges, puisque« j’ai chanté mon Dieu ? L’émotion pénétra mon« âme jusque dans ses profondeurs, et ce qu’il y« a de plus intime en mon être fut ébranlé.
« Le ciel et la terre disparurent à mes regards ;« mais bientôt l’orage se calma : le souffle de ma« vie ressembloit à l’air pur et serein d’un jour de« printemps.
« Ah! que je suis récompensé! n’ai-je pas vu« couler les larmes des chrétiens? et dans un autre«monde peut-être m’accueilleront-ils encore« avec ces célestes larmes !
« J’ai senti aussi les joies humaines ; mon« cœur, je voudrois en vain te le cacher, mon« cœur fut animé par l’ambition de la gloire : dans« ma jeunesse, il battit pour elle; maintenant,« il bat encore, mais d’un mouvement plus con-« tenu.
« Ton apôtre n’a-t-il pas dit aux fidèles : Que